La province du Maniema, riche en ressources aurifères, accueille désormais DRC Gold Trading SA, une entreprise publique spécialisée dans l’achat, la commercialisation et l’exportation de l’or. Cette initiative vise à améliorer la traçabilité de la production aurifère locale et à lutter contre la contrebande qui prive l’État de revenus substantiels [1].
Le gouverneur du Maniema, Mussa Kabwankubi, a souligné l’importance de cette installation pour les négociants locaux, les encourageant à vendre leur production au sein de la province. Selon lui, les prix pratiqués par DRC Gold Trading SA sont compétitifs, éliminant ainsi la nécessité d’expédier l’or vers d’autres régions.
Malgré un potentiel estimé à environ une tonne d’or artisanal par an, le Maniema n’a produit que 0,31 tonne en 2019 et aucune production n’a été enregistrée entre 2020 et 2023. En termes d’exportation, la province n’a contribué qu’à hauteur de 0,19 % des exportations nationales d’or au cours des cinq dernières années.
Amisi Mudjanahery, directeur de DRC Gold Trading SA, a assuré que l’entreprise achètera comptant tout l’or issu de l’exploitation artisanale et à petite échelle, en collaboration avec la Rawbank, afin de garantir une traçabilité optimale du minerai.
David Kikuni, président provincial de la corporation des négociants d’or du Maniema, a exprimé sa satisfaction quant à l’ouverture de ce comptoir d’achat, estimant que cela dissuadera les ventes illicites en dehors de la province.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie nationale visant à formaliser le secteur aurifère artisanal et à augmenter les revenus de l’État. Selon un rapport du Conseil de sécurité de l’ONU, l’exploitation illégale de l’or en Ituri génère au moins 140 millions de dollars par an pour des groupes armés et des réseaux criminels, soulignant l’urgence de telles mesures pour assainir le secteur minier en République démocratique du Congo.


